Grandes Guerres. Grandes Femmes.

Du 29 septembre 2018 au 6 janvier 2019

Une exposition itinérante réalisée par le Musée canadien de la guerre.

Photo : Après le jour J, le 6 juin 1944, les infirmières canadiennes ont suivi les troupes qui traversaient le Nord-Ouest de l'Europe. Bibliothèque et Archives Canada, PA-132851

 

L’exposition Grandes Guerres. Grandes Femmes. est consacrée aux contributions des femmes à tous les aspects de la participation du Canada à la Première et à la Seconde Guerre mondiale. Durant ces périodes marquées par des épreuves et des changements considérables, les femmes ont servi dans les forces armées ou ont travaillé autrement pour la cause militaire, qu’elles aient été salariées ou bénévoles. Nombreuses sont celles qui ont attendu dans l’inquiétude le retour d’êtres chers partis au front, dont certains ne sont jamais revenus. Cette exposition, qui met en relief les défis qu’ont relevés les femmes pendant les deux guerres et les choix qu’elles ont dû faire, réunit des objets qui racontent leurs récits personnels.

Divisée en quatre aires thématiques, l’exposition réunit des artefacts, des images, des documents audiovisuels et des archives pour raconter les expériences personnelles de Canadiennes pendant les conflits. 

Le bénévolat

En 1914, Joan Arnoldi et Mary Plummer ont fondé la Canadian Field Comforts Commission. Cet organisme coordonnait les efforts des Canadiennes dans la préparation de colis de réconfort à l’intention des soldats déployés sur les lignes de front. Ces colis étaient remplis de petites douceurs, comme du savon, des bonbons, des aliments et des vêtements. Les chaussettes et les gants de laine confectionnés par une véritable armée de tricoteuses du front intérieur, mobilisées pour l’effort de guerre, comptaient parmi les articles les plus appréciés. Dans ce volet de l’exposition, le public pourra voir des photos et des artefacts qui rappellent la création de vêtements tricotés et la préparation de colis de réconfort.

Le thème du bénévolat est exploité au moyen de photos et de panneaux décrivant l’apport des femmes et des jeunes filles à la collecte de fonds. Ces dernières vendaient des Timbres d’épargne de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale. 

 

Photo : Portant son uniforme bleu et son voile blanc, Blanche Lavallée, infirmière pendant la Première Guerre mondiale, a l'air calme et professionnelle.
Infirmière militaire - Richard George Mathews MCG 19710261-6070 - Collection Beaverbrook d'art militaire Musée canadien de la guerre

Servir 

Le service féminin au sein des forces armées canadiennes a grandement évolué de la Première à la Seconde Guerre mondiale. Durant la Première Guerre mondiale, les femmes étaient uniquement autorisées à servir comme infirmières. En revanche, pendant la Seconde Guerre mondiale, elles ont assumé de nombreuses nouvelles fonctions au sein de l’armée, de la marine et de l’aviation. Ce volet de l’exposition porte sur les expériences de plus de 50 000 femmes qui ont servi pendant les deux guerres.  

Le travail des infirmières les menait près de la ligne de front, parfois à la portée des tirs ennemis. Médailles, souvenirs et photos d’archives permettent au public de découvrir des récits de femmes qui ont prodigué des soins aux militaires malades et blessés, souvent dans des conditions périlleuses. 

En 1942, il y avait des femmes dans toutes les branches militaires, à des postes non combattants autrefois occupés par des hommes. Ce volet de l’exposition comprend une sélection numérique de tableaux illustrant l’expérience de femmes militaires. Il s’agit d’œuvres réalisées par Molly Lamb Bobak, la seule artiste de guerre officielle du Canada à avoir été dépêchée outre-mer pendant la Seconde Guerre mondiale. De plus, on peut aussi voir dans ce volet des uniformes et des photos témoignant des expériences des femmes ayant servi au sein des Forces armées canadiennes.  

Le travail

Tandis que les hommes partaient pour le front et que la guerre augmentait la demande pour des armes, des véhicules et des approvisionnements alimentaires, des dizaines – et, plus tard, des centaines – de milliers de femmes ont intégré la main-d’œuvre industrielle et agricole. Durant la Première Guerre mondiale, des milliers d’entre elles ont travaillé pour la Commission impériale des munitions à la fabrication de divers articles, tels des obus d’artillerie hautement explosifs. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, environ 300 000 femmes ont occupé des postes liés à la production de matériel de guerre. Nombre d’entre elles l’ont fait dans des secteurs traditionnellement réservés aux hommes, notamment dans l’industrie lourde, l’agriculture, la médecine et l’aviation. Des obus d’artillerie, des insignes d’ouvrières et des yeux artificiels illustrent le travail réalisé par ces femmes. Des avis de licenciement et des carnets d’assurance-chômage rendent compte d’un autre fait : des milliers de femmes qualifiées ont perdu leur emploi à la fin de la guerre, lorsque les hommes militaires sont revenus d’outre-mer. 

Les objets présentés dans ce volet de l’exposition illustrent le travail des femmes en temps de guerre ainsi que les politiques introduites pour assurer la participation des femmes, dont celles sur les garderies et la création d’un système national des emplois et de la main-d’œuvre. 


Photo : Des ouvriers et des ouvrières de l'usine de la Canadian Car and Foundry de Fort William, en Ontario, assemblaient l'aéronef Curtiss Helldiver. Au sommet de sa production, cette usine employait plus de 6 700 personnes, dont 40 % étaient des femmes. IMG2015-0347-0002-Dm - Musée canadien de l'histoire

L’inquiétude et la perte

Jeannie Cassels Boucher a écrit les mots suivants à son fils Robert alors qu’il servait en France : « Mon cher fils, selon mes calculs, tu es dans la première ligne cette semaine. J’espère que tout se passera bien. » La lettre lui a été retournée, non lue, après la mort de Robert, en 1917. 

Son expérience correspond à celle de centaines de milliers de Canadiennes, qui ont vu leurs époux ou leurs fiancés, leurs pères et leurs fils, leurs frères et leurs amis partir, revêtus de l’uniforme. Plus de 115 000 militaires canadiens ont perdu la vie dans les deux guerres mondiales. De nombreux autres sont revenus marqués à vie, physiquement et émotionnellement. 

L’exposition se termine par une série de photos et d’artefacts évoquant l’inquiétude et la douleur des femmes dont les êtres aimés ont été tués au combat. Les télégrammes et les lettres à caractère bureaucratique tranchent avec les lettres personnelles de condoléances, les missives signées par les amoureux et les médaillons ornés des photos de fils perdus, qui rappellent au public le terrible tribut de la guerre et la nécessité de faire face à la tragédie.